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Rallye Toulouse-Saint Louis du Sénégal 2009 - Aller

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LE 27eme Rallye TOULOUSE - SAINT-LOUIS DU SENEGAL - TOULOUSE


LE PIPER ARCHER-II PA 28 a participé au 27ème rallye TOULOUSE - SAINT-LOUIS DU SENEGAL qui s'est déroulé du 4 octobre au 17 octobre 2009. Cet avion, qui avait déjà effectué ce trajet en 2006, était piloté par Jean-Marc CONDOM, Philippe de PEMILLE et Bernard GILLOT. Ce fut l'occasion de mettre en lumière l'association qu'il supporte (RÊVES DE VOLS) à travers un périple qui les a vu suivre la route des pionniers de l'AEROPOSTALE.


L'itinéraire du rallye était le suivant :

04/10/2009 : Toulouse Lasbordes - Alicante
05/10/2009 : Alicante - Tanger - Casablanca Tit Mellil
06/10/2009 : Casablanca Tit Mellil - Agadir (ou Essaouira) - Tarfaya
07/10/2009 : Tarfaya - Dakhla
08/10/2009 : Dakhla - Nouadhibou - Saint-Louis du Sénégal
09/10/2009 : Journée de repos à Saint-Louis du Sénégal
10/10/2009 : Saint-Louis du Sénégal - Nouadhibou - Dakhla
11/10/2009 : Dakhla - Laayoune - Essaouira
12/10/2009 : Essaouira - Fez
13/10/2009 : Fez - Almeria
14/10/2009 : Almeria - Castellon
15/10/2009 : Castellon - Toulouse Lasbordes
16/10/2009 : Remise des prix à la mairie de Toulouse

17/10/2009 : Retour sur l'aérodrome de Grauhet à 18h00


Comme promis, l'équipage du PA 28 nous a donné rendez-vous tous les jours pour nous faire vivre leurs émotions vécues durant toute cette aventure...


1ère étape : TOULOUSE-LASBORDES - ALICANTE

Message de Jean-Marc posté à 18h13

Bonjour à tous.
Nous sommes le 4 octobre. Il est 16h. nous venons de nous poser à
ALICANTE au sud de l'ESPAGNE.

Petit retour en arrière.
Hier, nous avons eu le privilège d'être invités au premier vol du
Breguet 14 "F-POST" à CASTELSARRASIN en présence de nombreux aviateurs dont Bernard CHABBERT et Marie Vincente LATECOERE, belle-fille de Pierre-Georges. Après le discours plein de poésie de CHABBERT sur l'épopée de l'Aéropostale, nous avons assisté à ce moment magique que fut l'envol de ce merveilleux oiseau piloté par tant de noms célèbres qui ont marqué l'histoire de notre aviation. Récupéré par l'Aéropostale après service rendu durant la première guerre mondiale, il permit de défricher 15 000 kms de ligne vers l'Amérique du Sud.
Retour en fin d'après-midi à LASBORDES et présentation des équipages du 27ème rallye dans la soirée.

Ce matin, départ officiel du rallye. Nous avons le numéro 5.
Première étape : TOULOUSE-ALICANTE. Départ vers 11h après le briefing du directeur des vols. Météo de curé sur tout le parcours nous permettant une route directe par le PAS DE LA CASE. Philippe, aux commandes nous monte allégrement au niveau 100 (10 000 ft) avant de devoir redescendre à l'approche de VALENCE pour le transit à 1 000 ft dans le corridor Nord-Sud. Aussitôt le corridor terminé, nous devons remonter vers 6 500 ft afin d'éviter les "cailloux" qui se dressent devant nous ! Atterrissage à ALICANTE en piste 10 après 3h35 de vol. Première épreuve du rallye. Calcul de consommation sur l'étape. Après de savants calculs, nous estimons avoir brulé 118l d'essence. Finalement nous en avons consommé 123 ! Repos au milieu de la Palmeraie inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO afin d'être en forme pour le changement de continent qui nous attend demain.


A bientôt sur la fréquence pour la suite des aventures !

Jean-Marc

La vidéo du décollage

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2ème étape : ALICANTE - TANGER - CASABLANCA TIT MELLIL

Message de Jean-Marc posté à 22h46

Bonsoir à tous,

La journée fut rude mais belle !
Lever à 6h30 pour un départ de l’hôtel à 7h30 puis briefing sur le tarmac d’ALICANTE vers 9h00. Décollage vers 10h en dernière position pour cause de vitesse de croisière. En route vers le Sud avant le grand saut vers l’Afrique.
Cap à droite juste après le décollage pour un vol vers les contreforts de la
SIERRA NEVADA avant de rejoindre la belle côte escarpée entre le sud d’ALICANTE et MALAGA. Transit superbe à 800 ft sol pendant 1h30 avant de voir arriver le rocher mythique (GIBRALTAR) puis au loin la côte africaine qui se dessine. Après avoir coupé les axes de la piste de MALAGA, nous grimpons vers 3500 ft pour traverser le détroit de GIBRALTAR direction CEUTA. Nouveau transit côtier jusqu’au terrain de TANGER pour une longue finale piste 28. Ce fut 3h38 de vol et déjà pleins de souvenirs !
Couscous bien mérité à l’escale de TANGER avant de participer au nouveau briefing sur les transits obligatoires au
MAROC direction CASABLANCA TIT MELLIL. Décollage vers 15h locale pour 2h de vol à 2000 ft sol avant un exercice de précision d’atterrissage en piste 36 après avoir estimé l’orientation magnétique d’une flèche posée au sol proche de la piste. Nous attendons le verdict ! L’avion a parfaitement fonctionné durant ces 5h40 de vol. Il est 20h locale soit 2h de moins qu’en FRANCE et nous sommes encore dans le taxi qui nous conduit à l’hôtel pour une nuit de repos bien méritée.
Quelques photos de la journée et la suite des aventures au prochain numéro.

Jean-Marc

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3ème étape : CASABLANCA TIT MELLIL - ESSAOUIRA - CAP JUBY (TARFAYA)

Pas de message de Jean-Marc le soir de l'étape.

Pas d'inquiétude à avoir mais il est vraisemblable qu'il soit difficile de trouver une connection Internet à TARFAYA. Le vol d'aujourd'hui devait avoisiner les 860 kms, ce qui laisse à penser que la fatigue à eu raison de nos "aventuriers". Il leur a permis de rallier un des hauts lieux chargés d'histoire de l'ouverture de la "ligne"

En effet, le 19 octobre 1927, Antoine de Saint Exupéry prend ses fonctions et restera dans le désert saharien jusqu’en mars 1929. C’est au cours de ces années de quasi solitude que l’écrivain pilote rédigera Courrier Sud, alors qu’il accueille et dépanne les pilotes de La Ligne.
«Ma mission consiste à entrer en relation avec les tribus maures et à essayer si possible de faire un voyage en dissidence. Je fais un métier d’aviateur, d’ambassadeur et d’explorateur.»
Lettres à Pierre d’Agay, Cap Juby, 1927.
Pour se rapprocher des populations, Saint Exupéry apprend la langue arabe. Il partage le thé sous la tente des chefs maures, en pays dissident, à quelques kilomètres du fort. Le désert lui inspirera ses futurs écris, dont Le Petit Prince et Citadelle.
La ligne aérienne qu’ils ont créée, entre Toulouse et l’Amérique du Sud, est en passe d’être classéepar l’UNESCO. L’escale de Cap Juby était mythique. Aujourd’hui le fort et la piste font partie du patrimoine mondial.


A défaut de disposer d'information en temps réel, voici ce qu'a écrit l'organisateur du rallye sur le site officiel.


"Cette étape du Rallye revêt un caractère tout particulier car elle va nous mener à l'escale mythique de Tarfaya, ancienne Cap Juby des Lignes Latécoère.

Ce parcours entre Agadir et Cap Juby marquait à l'époque l'entrée en terre de dissidence où, au risque du vol, s'ajoutait le risque d'être fait prisonnier par les tribus nomades en cas de panne de moteur.
Cela arriva d'ailleurs plusieurs fois, notamment au pilote Jean MERMOZ ainsi qu'à REINE qui se fit prendre 2 fois dont une fois avec SERRE pendant 117 jours.

En général, les pilotes étaient échangés contre une rançon après avoir été plus ou moins bien traités mais il y eut des épisodes tragiques au cours desquels des hommes furent tués.

Cap Juby était une possession espagnole où un fort, qui existe toujours aujourd'hui, était la seule escale possible compte tenu de l'autonomie des Bréguet 14.

Il avait fallu que Beppo de Massimi, bras droit de Latécoère et habile diplomate, obtienne de la part du gouvernement espagnol l'autorisation d'installer un hangar, quelques réserves de carburant et d'huile et la présence d'un chef d'escale et d'un ou deux mécaniciens.

Quelques mois à peine après l'inauguration de la ligne, en juillet 1925, le pilote Rozes dut atterrir près de l'embouchure de l'oued Noun, au sud de Sidi Ifni, car son moteur venait de lâcher.
Son coéquipier Ville se posa prés de son avion, comme cela était la consigne, pour récupérer le courrier. En un instant, ils se trouvèrent entourés par une foule hostile qui s'en prit à Ville en le frappant et le jetant à terre.
Rozes dégaina son pistolet et fit feu contre leurs agresseurs; profitant de la surprise créée par les coups de feu, les 2 pilotes sautèrent dans l'avion de Ville dont le moteur tournait au ralenti et s'enfuirent sous un feu nourri, une balle évitant de peu la tête de Rozes.

Arrivés à Cap Juby, Rozes , volubile méridional, raconta avec force détail l'incident dont il venait d'être la victime et ses éclats de voix alertèrent le colonel Bens, responsable espagnol du fort, qui décida l'arrêt des vols.

Il fallut que Didier Daurat, directeur de l'exploitation des Lignes Latécoère, vienne en personne rencontrer le caïd d'Aglou, pour que la ligne puisse reprendre.
A cette occasion, alors que Daurat donnait sa propre montre en or au caïd, celui-ci lui déclara:" Si tes hommes ont gagné, c'est qu'ils avaient raison!".

C'est aussi à Cap Juby qu'en octobre 1927, Antoine de Saint Exupéry fut nommé chef d'aéroplace et qu'il puisa les bases de l'inspiration de son œuvre.

Dans quelques heures donc, si tout se passe normalement, les pilotes du Rallye auront le privilège de poser leurs roues sur cette piste en latérite qui accueillit les célèbres pilotes des Lignes Latécoère et pourront regarder le soleil disparaître dans l'Océan Atlantique comme devaient le faire nos anciens dans cet endroit perdu en plein Sahara.

L'accueil de la population locale est toujours chaleureux et l'atterrissage des avions représente un événement qui se produit maintenant tous les ans au mois d'octobre depuis 26 ans.

Le repas pris sous la tente caïdale et la nuit sous les étoiles dans cet endroit isolé représentent un souvenir inoubliable dans la vie d'un aviateur."


Message posté par Jean-Marc le 08/10/2009 à 00h40.

Nous sommes le 6 octobre, il est 19h55.

Le rêve vient de se réaliser. En effet, à 17h05, les roues du
PA28 - F-GETK ont touché la piste sablonneuse de CAP JUBY ! Nous y sommes. Instant de forte émotion qui nous replonge dans les lectures de notre enfance et de cet univers merveilleux découvert par les "Hommes de l’Aéropostale" qui ont marqué l’histoire. Nous sommes fiers de nous être posés dans ce lieu mythique et chargé d’histoire mais nous sommes également plein d’humilité car nous comprenons mieux maintenant ce qu’ont vécu les pionniers de l’aviation en défrichant le chemin de "la Ligne".

En ce qui nous concerne, les 2 vols d’aujourd’hui entre CASABLANCA et
ESSAOUIRA puis CAP JUBY se sont déroulés sans encombre grâce à une météo d’enfer. Nous imaginons par météo défavorable les conditions de vol terribles qu’ont dû rencontrer les Pionniers en BREGUET 14, sachant que la probabilité de panne s’élevait à 1 toutes les 100 heures !

Le vol entre ESSAOUIRA et CAP JUBY fut merveilleux. Vol au niveau des falaises à 500 ft au dessus de la mer nous permettant d’admirer la côte escarpée et les bateaux des pêcheurs sans oublier l’envol des flamants roses sur la plage de
TAN-TAN.

Arrivée à CAP JUBY après 3h16 de vol pour une verticale et intégration en vent arrière main droite piste 21. 650 m de piste en sable et vitesse en finale de 63 knts, ni plus, ni moins ! Vitesse contrôlée pratiquement en bout de piste où nous attend le directeur des vols pour nous garer à la main (clé enlevée et en visuel) en bord de piste.

Soirée dans le
Fort de CAP JUBY avec visite du musée d’Antoine de Saint Exupéry et film sur l’Aéropostale. Suivra un repas festif sous la tente en présence des élus locaux et du gouverneur de la province de TARFAYA.

Une bonne nuit nous attend … Voir la photo jointe !!

Comme disait Saint Ex, « l’homme se dévoile dans les épreuves » Alors nous vous souhaitons de vivre une expérience comme la nôtre !

Bonne nuit



Saint Exupery
envoyé par a360.

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Quelques photos de l'étape. Les autres sont consultables
ici...


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4ème étape : CAP JUBY (TARFAYA) - LAAYOUNE - DAKHLA

Message posté par Jean-Marc le 08/10/2009 à 01h16.

Mercredi 7 octobre.

Salam malek oum de
LAAYOUNE !

Ce matin, le dortoir se réveille aux alentours de 6h30 suivi du petit déjeuner, puis départ pour la piste en sable de CAP JUBY à 5 minutes. Pour la douche, on repassera plus tard !
Chaque avion est repoussé à la main pour avoir le maximum de piste. 620 m disponible. Nous devons attendre le départ de l’avion précédent pour pouvoir mettre en route, chacun son tour. Mise en puissance sur freins et le balai des décollages commencent ! Chaque course au décollage fait lever un nuage de sable
et nous prend chacun aux tripes ! C’est fabuleux !

Neuf avions viennent de décoller en piste 03. C’est notre tour. «Puissance disponible, paramètres normaux» et à 120 m du bout de piste, nous levons le nez de l’avion. Mise en palier à 80 ft sol puis 180° sur la mer pour passer au dessus du fortin et break sur la droite au niveau du port. Basse altitude après décollage pour
permettre au caméraman de l’émission
"DES RACINES ET DES AILES" de nous filmer !

Atterrissage à
LAAYOUNE 46 minutes plus tard en piste 04 en ayant pris soin auparavant d’éviter les antennes radio sur la côte !

Plateau repas dans l’aérogare avant de redécoller vers 14h30 pour 2h30 de vol direction DAKHLA. Altitude maximum de 1000 ft sol au dessus de la côte et pas de minimum !!! La côte marocaine est superbe (cf. photos). Arrivée à
DAKHLA. Epreuve annulée cause météo : entrée maritime avec plafond à 400 ft sol et 4000 m de visi. Nous sommes obligés de nous poser car le premier déroutement est à plus de 2h de vol et nous n’avons pas assez de carburant ! Petite percée dans les stratus et atterrissage réussi en piste 03 avec 20 kts plein travers . Ouf! Enfin l’hôtel et la douche bien méritée !

A demain.

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Quelques photos de l'étape. Les autres sont consultables
ici...

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MESSAGE DE L'ORGANISATION


MESSAGE DE J. J. GALY - 20 H 50 - ARRIVEE A DAKHLA

Les entrées maritimes ont un peu perturbé les atterrissages et ont inquiété les concurrents. Mais finalement, tout s'est bien passé. A bientôt.

"Les brumes du matin sont fréquentes à Cap Juby mais elles se dissipent en général rapidement et permettent le décollage vers Laayoune où nous nous rendons d'abord pour ravitailler les avions.

A l'époque des débuts des Lignes Latécoère, au milieu des années 20, l'étape Cap Juby Villa Cisnéros, que nous allons parcourir aujourd'hui, apparaissait particulièrement hostile aux yeux des pilotes car elle se déroulait en plein désert le long des 550 km de côte qui séparent les 2 fortins espagnols.
Aucune aide à attendre en cas de panne dans ces contrées, mais plutôt la crainte de tomber dans des mains hostiles.
C'est d'ailleurs dans les parages du cap Bojador, au sud de Laayoune, que se produisit l'événement le plus grave entre les pilotes et les peuplades du désert.

Au matin de ce 11 novembre 1926, les 2 Bréguet pilotés par Gourp et Erable descendaient vers le sud lorsque le premier dut faire face à une panne de moteur près du cap Bojador. Erable se posa à ses côtés et, constatant que la panne n'était pas grave, décida de repartir avec le courrier et de laisser sur place Gourp, le mécanicien Erable et son interprète arabe pour réparer l’avion.
Peu après son départ, pris de remords ou ayant constaté la présence de nomades à proximité, Erable décida de faire demi-tour et de rejoindre son ami.
A peine posés, Erable et son mécanicien Pintado tombèrent sous les balles rebelles alors que Gourp était grièvement blessé à la cuisse. Grâce à son interprète qui fit valoir au chef rebelle la valeur d'échange qu'il représentait, celui-ci eut la vie sauve mais fut fait prisonnier et maltraité pendant plusieurs jours avant qu'il ne soit rendu à ses camarades en piteux état.
Amené rapidement en avion de Juby à Casablanca pour y être soigné, il devait mourir de gangrène après avoir souffert un martyre.
Mermoz se proposa à plusieurs reprises pour ramener les dépouilles de ses camarades Erable et Pintado et leur offrir de dignes funérailles, mais la direction et les autorités espagnoles lui refusèrent l'autorisation, devant les risques jugés inutiles que représentait l'opération.
Ce n'est que plus tard que, bravant les interdits, il atterrit prés des épaves abandonnées des Bréguet qui avaient été incendiés et ramena une touffe de cheveux d'Erable qu'il remit à sa famille.
Dans ces conditions, les minutes de vol devaient paraître bien longues avant d'apercevoir le fond de la lagune du Rio de Oro qui indiquait l'arrivée proche.

Ce désert réserve parfois des surprises météorologiques et nous fûmes confrontés il y a quelques années à de violents orages au nord de Dakhla qui inondèrent le "désert" où de petits lacs se formaient çà et là offrant un spectacle inhabituel. Il y eut également un nuage cylindrique d'une centaine de kilomètres de long qui a beaucoup intéressé les experts météo qui lui donnèrent le nom de "front de rafale".

En approchant de la coquette ville de Dakhla qui est maintenant bien développée, nous ne manquerons pas de penser à nos prédécesseurs et au soulagement qui était le leur en apercevant au loin les créneaux de la citadelle récemment détruite."

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5ème étape : DAKHLA - NOUADHIBOU - SAINT-LOUIS DU SENEGAL

Léger contretemps dans le déroulement du Rallye. Huit avions sur dix sont restés bloqués par las autorités mauritaniennes sur l'aéroport de NOUADHIBOU. Les avions ont atterri vers 12h ce matin sur cet aéroport. En effet, la distance du jour imposait à la majorité de la flotte de refueler sur cet aéroport. Les deux qui sont sur place à SAINT-LOUIS DU SENEGAL disposait de l'autonomie suffisante pour rejoindre DAKAR sans escale. Ceci étant, tout va bien. Un SMS de Jean-Marc le confirme ainsi que les propos téléphoniques que nous avons échangés. Les 8 avions sont autorisés à repartir dès demain pour rejoindre SAINT LOUIS.

A défaut de disposer d'information en temps réel, voici ce qu'a écrit l'organisateur du rallye sur le site officiel.


L'étape du jour est très longue et une escale à Nouadhibou sera nécessaire aux avions qui ont les « pattes un peu courtes ».

Il y a en effet près de 1 000 kms entre Dakhla et Saint Louis du Sénégal.

A l’époque des lignes Latécoère, l’autonomie limitée des Bréguet XIV ne permettait pas un vol direct. De plus, pour des raisons de sécurité évidentes, les avions suivaient la côte ce qui permettait de les retrouver plus facilement en cas de panne, mais allongeait la distance. L’escale mauritanienne s’appelait alors Port Etienne comme en témoigne encore l’indicatif de son radio-compas Papa Echo.

C’est sur ce terrain qu’eut lieu un accident étrange et inexplicable au pilote Des Pallières qui perdit la vie en écrasant son avion sur un muret en fin de course alors que l’atterrissage proprement dit était terminé. On émit alors l’hypothèse d’une insolation ou « coup de bambou » qui aurait altéré le jugement du pilote et le port du casque colonial fut rendu obligatoire à partir de ce moment.

La ville de Nouadhibou est située, un peu comme Dakhla, à l’extrémité d’une péninsule s’étendant le long de la côte Atlantique déterminant une étendue d’eau calme et très poissonneuse appelée baie du Lévrier. La curiosité de cette ville est l’arrivée du plus long train du monde qui amène le minerai des mines de Zouérrate au port de Nouadhibou.

Quelques minutes avant de commencer l’approche sur le terrain de Nouadhibou, on a parfois la chance d’apercevoir ce train de plus de 3 km de long. Au sud de Nouadhibou se trouve le fameux Banc d’Arguin sur lequel s’échoua La Méduse qui se rendait de France à Saint Louis. Cet épisode tragique fut immortalisé par le peintre Géricault qui réalisa le « Radeau de la Méduse ». Le sud de Nouakchott fut également le théâtre d’un naufrage aérien en 1919.

A cette époque une tentative de raid Paris Casablanca Dakar fut tentée sur un Farman Goliath, bombardier de la guerre de 14, piloté par Bossoutrot et Coupet . Le vol Paris Casa se passa normalement, une grande partie effectuée de nuit ….en 1919. Le 2ème vol de Casa à Dakar se termina mal. L’appareil perdit une hélice qui fut retrouvée en 1953 près du Cap Timiris et poursuivit son vol sur 1 moteur mais finit par atterrir en urgence sur une plage mauritanienne au sud de la ville actuelle de Nouakchott. Après quelques jours passés à confectionner un alambic pour fabriquer de l’eau, l’équipage fut sauvé de façon rocambolesque par des mauritaniens et termina le voyage à dos de chameau.

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5ème étape : DAKHLA - NOUADHIBOU - SAINT-LOUIS DU SENEGAL (interruption à NOUADHIBOU)

Message posté le 09/10/2009 par Jean-Marc à 02h23


Nous sommes le 8 octobre, dernier jour du voyage aller qui nous mène ce soir à SAINT-LOUIS DU SENEGAL. Décollage vers 8h30 après le traditionnel briefing et un QCM technique. Aussitôt après le décollage de DAKHLA, nous devons repérer 2 flèches (voir photo) près d’un phare et en estimer l’orientation magnétique, l’écart d’angle, la distance entre les 2 et l’orientation magnétique de la droite passant par le milieu des 2 flèches !! Tout ça à 500 ft sol et 80 kts. De plus, nous les avons aperçues au dernier moment !!

2h de vol pour la
MAURITANIE par la côte, quelques passages en patrouille avec d’autres avions du rallye et escale technique pour refueler à NOUADHIBOU. Atterrissage sans encombre malgré les 20 kts de vent de travers !! Nous faisons les pleins de carburant le plus rapidement possible pour repartir au plus tôt. Dépôt du plan de vol dans la foulée et au moment de mettre en route : on ne part plus ! Nous n’avons pas d’autorisation de survol de la MAURITANIE. S’en suit une discussion avec les autorités et une longue attente se profile.

Finalement, l’heure limite de décollage pour arriver à SAINT LOUIS avant la nuit est dépassée. Reste
NOUAKCHOTT au mieux pour se rapprocher un peu plus de SAINT LOUIS. L’heure limite est aussi dépassée. Toujours pas d’autorisation !

Résultat, on dort à NOUADHIBOU. On nous accorde gracieusement un
visa de 48h qui nous permet d’aller dormir dans un hôtel proche de l’aéroport. Nous prévoyons un décollage très tôt le lendemain afin de pouvoir profiter un maximum de SAINT LOUIS.

Bonne nuit et à demain

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Voici ce qu'a écrit l'organisateur du rallye sur le site officiel aujourd'hui.

Aujourd'hui (09/10/2009), à partir de 8 h 30 (heure locale), à l'Aéroport de Saint-Louis, 10 jeunes déjà sélectionnés, se verront offrir un Baptême de l'air, par l'Association Air Aventures.
L'Institut Français présentera le 27ème Rallye Toulouse - Saint-Louis avec l'Association Air Aventures. Voir le programme...

SAINT-LOUIS - 9 H 40 (heure française) : les avions décollent de Nouadhibou vers Saint-Louis.

SAINT-LOUIS - 18 H 50 (heure française) : tout le monde est à Saint-Louis.
Ce soir, présentation de 2 films sur le Rallye et le Bréguet XIV au Centre Culturel et Classement du Rallye.
Demain à l'aube, départ pour Dakhla. 3 avions se poseront à Nouadhibou.

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5ème étape : NOUADHIBOU - SAINT-LOUIS DU SENEGAL (après l'interruption de la veille)

Les trois papys Boyington ont rallié sans encombre SAINT-LOUIS DU SENEGAL après leur nuit passé, contre leur gré, à NOUADHIBOU.
Ils nous ont contacté par SMS. Je vous livre ici les messages reçus :

SAINT-LOUIS - 14 H 50
"Salut. On est arrivé à Saint Louis. 3 h de vol. Tout va bien. Très très chaud. Je te tiens au courant pour le retour."

SAINT-LOUIS - 23 H 08
"Juste pour info. Résultat et remise des coupes pour le challenge "Sénégal". Rêves de vols 1er. Trop fort!!


Message posté le 09/10/2009 à 02h24

9 octobre. 5h45 le réveil sonne (merci Bernard !). Petit déjeuner à 6h15 et 30 minutes plus tard départ à l’aéroport, il nous tarde de partir !
Les formalités se passent sans encombre, le décollage est imminent ! La dernière météo est prise, c’est la 03 en service et 21°C.

Virage à droite après décollage sur le
banc d’ARGUIN et montée à 3000 ft . Surprise, la température vient d’augmenter de 12° ! Il fait 32°C à 1500 ft !! Nous longerons la côte jusqu’au SENEGAL sans oublier le transit de NOUAKCHOTT. Nous tenterons de redescendre après l’ILE de TIDRA pour chercher un peu de vent arrière mais la température extérieure avoisine les 38° et le moteur du TK à chaud malgré le régime à 2300 tr /min !

Arrivée à
SAINT-LOUIS DU SENEGAL après 3h15 de vol. Ca y est, nous y sommes !!

Nous déchargeons l’avion, et «l’habillons» comme à chaque fin de vol pour la nuit ! Arrivée à l’
HÔTEL DE LA POSTE vers 12h et rendez vous avec l’école du Nord à 16h. Nous rejoignons la directrice directement à l’école où nous attendent plusieurs enfants ainsi que des enseignants. Nous sommes heureux de leur laisser les quelques 35 kgs de fournitures que nous avons pu transporter. Nous repartons après 1 heure pour une visite au Consulat (prévu la veille au soir) et nous serons très gentiment reçus par Monsieur le Consul qui nous accordera une heure de discussion privée très enrichissante.

Soirée de détente au bord du fleuve SENEGAL, au pied du
Pont FAIDHERBE avec une bonne bière !!

A demain pour le début du retour !!

La consultation du site nous annonce le classement officiel à la mi-parcours :

01 Rêves de Vols
02 Ville de Muret
03 Les Gens d'Air Action Santé
04 Chablais Tram
05 Les Ailes Savoyardes
06 Post Air 86
07 Leon Team
08 Renard des Alpes
09 Chelle me Pin
10 Argus 02

MESSAGE DE L'ORGANISATION

MESSAGE DE J. J. GALY - 20 H 50 - ARRIVEE A SAINT-LOUIS DU SENEGAL

La ville de Saint Louis du Sénégal est liée depuis ses débuts à l’histoire des Lignes Latécoère.

En effet, lors de la mission d’exploration menée par Roig en mai 1923 à 3 avions pilotés par Cueille, Delrieu et Hamm accompagnés des mécanicien Lefroit et Bonnord et d’un journaliste de La Vigie Marocaine, Monsieur Louis, le terrain de Saint Louis fut utilisé.

Cette mission avait validé la possibilité d’effectuer par avion le trajet entre Casablanca et Dakar en utilisant les escales d’Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros et Port Etienne.

Le capitaine Roig en avait pris la direction à la demande de Pierre Georges Latécoère après avoir reconnu par mer les escales du Sahara espagnol de Cap Juby et Villa Cisneros.

Après quelques péripéties, les avions étaient parvenus à Saint Louis puis à Dakar en juin 1924.

Plus tard, le plan d’eau constitué par le fleuve Sénégal entre la ville de Saint Louis et son embouchure dans l’océan Atlantique fut utilisé par les hydravions de l’Aéropostale et les vestiges de l’hydrobase sont encore visibles aujourd’hui sur la rive droite du fleuve.

C’est également de Saint Louis que les aviateurs Costes et Le Bris avaient pris leur envol sur leur Bréguet 19 pour traverser sans escale l’Atlantique sud en octobre 1927.

En octobre 1927, aussi, les pilotes Mermoz et Négrin avaient réalisé sans escale un vol de Toulouse à Saint Louis à bord d'un Laté 25.

Losque Mermoz, Dabry et Gimié s’envolèrent le 30 mai 1930 à bord de l’hydravion Laté 28 modifié baptisé Comte de la Vaux pour la première traversée commerciale de l’Atlantique sud par avion, c’est bien de Saint louis que le départ eût lieu.

Ce même équipage avait battu le record de distance en circuit fermé sur le Laté 28 dans le sud de la France puis s’était rendu à Saint Louis pour la grande traversée.

Les aviateurs de l’époque descendaient à l’Hôtel de la Poste qui nous accueille aujourd’hui et l’on dit que Mermoz avait ses habitudes dans la chambre 219.

On imagine aisément le plaisir que devaient éprouver les pilotes de l’époque lorsqu’ils arrivaient à Saint Louis car non seulement cela représentait la fin du parcours désertique mais de plus, la ville était très animée et les changeait du décor monastique des escales sahariennes.


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Quelques photos de l'étape. Les autres sont consultables
ici...

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