Aéroclub de Graulhet-Mondragon (LFCQ - 119.65)


Aller au contenu

Voyage en Bavière - 18 et 19/06/2005

La vie du club > Les voyages

Pilotes : (Tous membres du Conseil d'Administration de l'AC GRAULHET)

  • Marie-Jo Condat
  • Sylvie Méritan
  • Jean-Louis Burchianti
  • Jean-Marc Lequeux


Avion : PA 28/181 Archer II immatriculé F-GETK ( Roi des avions: confort et ronron moteur…)
Temps de vol total : 11 h15
Consommation moyenne : 33 l/h

L'idée nous trottait dans la tête depuis pas mal de temps…Notre bonne ville de Graulhet est jumelée avec Prien-am-Chiemsee, une ville allemande de Bavière qui, d'après madame Edwige von Rothkirch, possède un club d'aviateurs. La baronne parle parfaitement le français et, depuis de nombreuses années, elle anime l'échange franco-allemand et séjourne tous les étés dans le Tarn. L'idée était donc d'aller voir nos homologues bavarois sur l'aérodrome de Bad Endorf proche de Prien et d'échanger nos expériences de la pratique de l'aviation légère.Le voyage est programmé pour le week-end des 18 et 19 juin et la préparation commence par la recherche de documentation aéronautique. Le vol passera par 3 pays ; de grosses TMA, du relief et la phraséologie anglaise (voire allemande) nous attendent...Les intrépides pilotes se retrouvent le samedi matin sur l'aérodrome de Salès pour préparer le vaillant PA 28 F-GETK . Le ciel est tout bleu et le devis de masse-centrage nous permet de faire le plein d'essence pour la première étape vers Genève…


Décollage à charge max avec Jean-Marc aux commandes et montée vers le FL075 cap direct sur le VOR de Mende. Nous activons le plan de vol VFR sur Toulouse-Info qui nous donne aussi une clairance pour pénétrer l'espace de classe D de la TMA de Toulouse. Beau survol du Massif Central avec ses lacs de cratères dont la couleur magnifique nous fait penser à celle des yeux de Marie-Jo….Oui, bon, arrêtons la poésie matinale, car voilà la TMA de Lyon qui arrive. Le contrôle aérien nous déroute vers le VOR de La Tour du Pin puis vers celui de Chambéry pour ne pas gêner le trafic commercial vers St-Exupéry (LFLL) dont nous voyons très bien les grandes pistes parallèles sur notre gauche. Nous voyons aussi, depuis un moment, le Mont Blanc qui émerge majestueusement au dessus des nuages alpins. Il faut maintenant penser à la descente vers l'aéroport international de Genève-Cointrin (LSGG) et nous passons le VOR de Chambéry à 5000ft. La montagne est présente partout autour de nous pour entrer dans la CTR par le point VFR "S". Arrivée très technique grâce à la radionavigation car le contrôle de Genève n'a pas l'air de vouloir s'ennuyer avec des VFR exclus sans ménagement de la classe C qui englobe tout l'aérodrome.


Une dernière colline et nous découvrons le lac Léman, la ville de Genève, son célèbre jet d'eau et ses immeubles cossus. Le trafic aérien est important et nous sommes autorisés à nous poser sur la piste 05 en herbe (636m!) après avoir croisé l'axe de la piste principale (3900m). Parking sur l'herbe bien verte avec vue imprenable sur les gros jets du monde entier qui atterrissent et décollent de la grande piste. Les formalités sont faites dans un espace dédié aux vols privés. Il faut dire qu'a coté de notre PA 28, ce ne sont que Malibu, TBM700, Falcon et Gulfsteam! On se restaure d'un sandwich au bar tenu par"monsieur Azem", un kosovar rigolard avec qui on se prend en photo. Le détail de la taxe d'atterrissage nous fait constater que nous sommes bien en Suisse: taxe de pollution, taxe de bruit, taxe sur les pax, taxe de contrôle aérien et taxe d'atterrissage sont comptabilisées pour un montant de 50 €. Monsieur Azem est bien sympa mais nous hésiterons sûrement à revenir le voir….


Nous devrons patienter plusieurs minutes avant que le contrôle d'aérodrome ne nous autorise à décoller vers Bad Endorf (EDPC) vers 15h30 heure locale. Le prétexte de la turbulence de sillage générée par les départs des "liners" masque difficilement l'incompétence et la mauvaise volonté d'un contrôleur stressé. Nous sommes ensuite clairés vers le point N sans pouvoir monter afin (encore!) d'éviter la classe C de Genève. Marie-Jo aux commandes, nous cheminons le long de la rive nord du lac Léman. Au travers de Lausanne, nous entamons la montée vers le FL055 puis FL075 pour passer au dessus de la couche de cumulus. Vent de face sur tout le parcours (15kts à notre altitude). Nous avons prévu d'utiliser la route des VOR qui balisent la Suisse et nous faisons route sur FRI (Fribourg) puis WIL (Willisau).


Nous quittons la phraséologie française de Genève pour utiliser l'anglais quand nous contactons le contrôle de Berne. Traversée sans problème de cette TMA classée D, à la verticale de la capitale de la Suisse qui semble bien tranquille… Nous prenons ensuite contact avec Zurich qui de façon très aimable nous demande de nous dérouter… vers un point que nous identifierons (après le "say again" d'usage) comme un aérodrome du sud de la TMA: Wangen-Lachen (LSPV)! Merci au GPS et nous apercevrons ce petit terrain, au bord du grand lac de Zurich, sous des cumulus très denses et joufflus…Sur notre droite, les Alpes Suisse nous dominent avec des sommets pointus et enneigés qui sortent de la mer de nuages, à plus de 10 000 pieds: superbe spectacle!


Quand nous sommes "libérés" par Zurich (" F-GETK, resume own navigation" ), nous décidons de mettre le cap vers l'extrémité Est du lac de Constance, ce qui nous fera éviter les hauts sommets du "triangle blanc" (frontière suisse, Allemagne et Autriche), sans trop nous pénaliser sur notre route vers le sud de Munich. Le moteur "mixturé" du TK ronronne et nous apprécions le confort de l'avion en dégustant l'eau fraîche et les petits gâteaux de Marie-Jo et de Sylvie… Quelle situation magique!
Déjà 2 heures de vol et nous passons la frontière allemande toujours au FL075. Le code VFR change car ici il faut afficher 0021 au lieu de 7000. Nous essayons sans succès de contacter un Munich-Info très encombré. La couche de nuage est en train de se souder complètement sous notre avion et nous altérons notre cap de 50 degrés vers le nord pour descendre en VMC vers la plaine de Leutkirch. Dès que nous passons sous les cumulus, la nature verte et boisée de la Bavière nous dépayse fortement : il doit y pleuvoir un peu plus souvent que chez nous! De petites collines alternent avec des cultures soignées et les forêts de grands sapins sont partout. L'habitat est dispersé mais de petites villes ponctuent aussi la verte campagne.


Allez, cap sur le VOR de Kempten que nous survolons à 4000 pieds QNH mais seulement à 1500 pieds/sol. Sur notre droite, l'aérodrome de Kempten semble très actif avec beaucoup de planeurs au sol et en l'air. Nous sommes au piedmont des Alpes et les allemands pratiquent beaucoup le vol à voile. Nous ne sommes plus qu'à environ 40 minutes de l'arrivée et Marie-Jo essaie de contacter, en allemand, notre destination. Malgré le cœur qu'y met notre pilote, nous n'obtenons aucune réponse. Puis nous arrivons enfin en vue de Prien, et avant de repérer l'aérodrome qui va nous accueillir, nous décidons de survoler le grand lac qui borde la ville: le Chiemsee. Surprise ! Nous découvrons un magnifique château au milieu du lac : c'est un des châteaux "fous" de Ludwig II de Bavière et de somptueux jardins l'entourent.


Nous mettons enfin le cap vers le coin de campagne où doit se trouver l'aérodrome de Bad Endorf que nous découvrirons… en le survolant! Une bande bien verte au milieu des bois de sapins, au bord d'une route. Marie-Jo reprend en allemand la fréquence auto-info et une voix nous répond alors pour nous mettre en garde au sujet de lignes hautes tension qui barrent l'approche. Effectivement nous devons sérieusement nous appliquer car, en finale sur ce terrain de 700 m en herbe, en plus d'une belle ligne HT, nous distinguons aussi une grue, pratiquement au seuil de piste! Quelle idée de construire une maison là, alors que les sites bucoliques ne manquent visiblement pas dans ce coin d'Allemagne! Nous touchons en souplesse cette piste tant rêvée et un sympathique comité d'accueil nous guide vers le parking. Jean-Marc ne peut résister, dès sa descente d'avion, au plaisir de faire une cabriole de joie sur cette "moquette" verte (il en perdra même ses lunettes!): nous avons tous bien mérité un moment de décompression après le long vol de 3h00 depuis Genève!


Barbara, Klaus et des amis, nos hôtes, nous emmènent vers la ville de Prien, et nous font découvrir l'embarcadère du Chiemsee, où les touristes montent sur des bateaux rétros à aube pour une ballade sur l'eau et la visite du château. Dîner dans un "Biergarten" bondé avec au menu poisson du lac et cochon de lait, arrosés, bien sûr, de l'excellente bière bavaroise. Le départ est fixé vers 11 heures le lendemain dimanche et nos amis et nous-même trouveront notre escale vraiment trop courte pour apprécier tous les centres d'intérêt de la région…Mais la route du retour vers le Tarn sera longue! Sylvie est aux commandes pour un décollage sur freins en prenant TOUTE la piste! Les limitations nous ont obligé à ne prendre que peu d'essence à Bad Endorf (à 1,9 €/l !) et nous ferons une escale à Friedrichshafen ( EDNY), à 50 minutes de vol pour faire le plein.


Vol très agréable qui nous permet d'apercevoir, à notre travers nord, la grande ville de Munich. Après le passage au point Sierra, la finale se fera sur le lac de Constance et au dessus de la ville. Accueil pro (follow-me, essence et navette vers l'aérogare pour environ 30 € de taxe). Nous déjeunons au restaurant de l'aérodrome parmi les passagers des DASH 8 qui desservent les stations de montagne. Nous sommes ici sur un aérodrome très ancien et de grands bâtiments rappellent sa riche histoire: c'était traditionnellement un grand centre de construction aéronautique (Zeppelin,..). Maintenant l'activité industrielle est liée à AIRBUS et le sigle EADS est présent sur les hangars. Petite attente au décollage pour laisser poser un B737/800 de RYANAIR et très vite nous passons, en plein milieu du lac, dans la FIR de Zurich. Le contrôle de Zurich nous demande d'effectuer la même route qu'à l'aller, en sens inverse bien sûr … nous connaissons le chemin! Bonne météo et nous volons au-dessus de cumulus "scattered". Traversée "tranquille" de la Suisse et belle leçon de géographie!


Échaudés par la taxe de Genève, nous avons prévu de faire escale au retour à Annemasse. Nous commençons la descente à l'extrémité Est du lac Léman, verticale Montreux, toujours pour éviter la classe C de Genève. Traversée du lac puis cheminement sur la cote sud, au pieds de somptueuses montagnes très sombres dans le contre-jour. Nous quittons le lac pour poursuivre "en radada" notre navigation vers Annemasse (LFLI) que la montagne nous cachera jusqu'à ce que l'on soit à une minute de la verticale! Genève-Info, qui gère ce volume aérien de France, se distinguera encore en refusant de clôturer notre plan VFR, en arguant de problèmes administratifs. Nous clôturerons donc au sol grâce à l'amabilité des gens de l'aéro-club d'Annemasse qui, moyennant une taxe d'atterrissage de 10 €, assurent un super service aux avions de passage. On comprend aisément pourquoi cet aérodrome, aux portes de la ville de Genève, semble si actif… et prospère! L'escale sera réduite au minimum. Plein d'essence avec la carte Total et départ illico vers Graulhet, car "ça gonfle" partout et les congestus entourent l'aérodrome. Il faudra virer rapidement après décollage pour éviter d'entrer en Suisse et direction le VOR de Chambéry en montée vers le niveau 65.

Atmosphère très brumeuse et turbulences sensibles en passant dans ce secteur de belles montagnes, en bordure nord du lac du Bourget. Les Alpes sont complètement bouchées mais vers l'Ouest, le ciel se dégage. Route plus sud qu'à l'aller, pour passer légèrement travers nord de Grenoble St-Geoirs (LFLS). Traversée du Rhône vers Saint-Rambert (LFLR) où, avec les copains et copines de l'aéro-club de Graulhet, nous avions visité le musée aéronautique l'an dernier. Beau souvenir! Nous attaquons la traversée du Massif Central et devant nous se dresse maintenant une barrière de gros cumulus congestus. Aïe, aïe, aïe, est ce que cela va passer ? Bientôt c'est un orage qui est face à nous, verticale le VOR de Mende. Pas d'info météo sur la situation vers Graulhet car nous n'arrivons pas à contacter le SIV de Rodez... Nous contournons l'orage noir et ses rideaux de pluie par le nord et nous devrons monter jusque vers Aurillac pour qu'enfin le ciel s'éclaircisse et que le moral remonte! Super arrivée vers Graulhet par Rodez et Albi au dessus puis sous les cumulus de beau temps. Sylvie pose l'avion sur la 28 à 20h15 et nous tombons dans les bras les uns des autres pour fêter la réussite de notre grand voyage et le retour sur notre cher aérodrome. ON L'A FAIT!!

Page d'accueil | Présentation | Réservation | Accès | Les baptêmes de l'air | Piloter en 2011 | La flotte | La vie du club | Espace simulation | Préparations des vols | Archives | Menu Club | Photos - Navigation | Espace multimedia | Plan du site


Développé par JCB Design avec WebSite X5 Pro Evolution - Aéroclub de Graulhet - Aérodrome de Graulhet-Montdragon 81300 Graulhet - Tel : 0563345107 | aeroclubdegraulhet@yahoo.fr

Retourner au contenu | Retourner au menu